Réduire son empreinte : quoi d’abord ?

Entre isoler son logement, passer à l’électrique, supprimer un vol ou réduire la viande rouge, quel changement pèse réellement le plus ? Les ordres de grandeur sont si différents que l’intuition se trompe presque toujours — et une action visible peut valoir dix fois moins qu’une action discrète.

Le modèle

Ce que ce modèle compte

Quatre changements concrets, chacun chiffré sur une année, avec des facteurs d’émission écrits en fourchettes parce qu’ils sont eux-mêmes incertains. La première section décrit votre situation ; c’est elle qui décide du classement.

L’intérêt est dans les ordres de grandeur : ils sont si différents d’une action à l’autre que l’intuition se trompe presque toujours. Une action très visible peut valoir dix fois moins qu’une action discrète.

Ce qu’il ignore

Le coût de chaque action, et sa faisabilité. Isoler demande plusieurs milliers d’euros, ne pas prendre l’avion ne coûte rien — le modèle les compare à la tonne évitée, pas à l’euro dépensé. Ajoutez un dénominateur si c’est votre vraie question.

Les effets rebond, l’amortissement de la fabrication d’un véhicule neuf sur sa durée de vie réelle, et tout ce qui relève de l’action collective plutôt qu’individuelle.

Où trouver vos chiffres

Les facteurs d’émission : la Base Empreinte de l’ADEME est la référence publique française, et elle est gratuite. Les valeurs pré-remplies ici sont des ordres de grandeur à vérifier.

Vos quantités : les billets d’avion de l’année écoulée, le relevé kilométrique de la voiture, la surface chauffée du logement, le nombre de repas. Ce sont elles qui font le classement — les facteurs ne font que le nuancer, et le site vous le confirmera.

La syntaxe tient en dix lignes
prix = 250kUne valeur que vous connaissez. k, M, Md, 12 %, 1 234,5 et 3 millions s’écrivent comme on les dit.
loyer = 900 à 1150Une fourchette : vous pensez qu’il y a 9 chances sur 10 que la vraie valeur soit dedans. C’est tout ce que le site vous demande de savoir. S’écrit aussi 1000 ± 100, entre 900 et 1150, ou 900 .. 1150.
total = prix + loyer * 12De l’arithmétique ordinaire. Une variable réutilisée garde la même valeur tirée : a - a fait toujours zéro.
option "Acheter" = …
option "Louer" = …
Deux lignes option ou plus, et le site passe en mode décision : il compare, recommande, et cherche les seuils de bascule.
unité: €Le libellé du résultat, pas des hypothèses — dans un modèle en €/km, un nombre de kilomètres reste un nombre de kilomètres. Libre : €/km, mois, kg CO₂e. Une hypothèse écrite 3 % à 5 % s’affiche en pourcentage parce que vous l’avez écrite ainsi.
seuil: 12
seuil: <= 90
En mode estimation : la valeur que vous visez. Sans signe, elle se lit « au moins 12 » ; avec <=, « au plus 90 » — une durée, un budget ou une dose se visent par le haut. Le site calcule la probabilité de tenir l’objectif, et à partir de quelle hypothèse vous passez du mauvais côté.
prix <= budgetUne contrainte plutôt qu’un calcul : le site calcule prix et mesure la probabilité de rester sous budget. C’est une écriture raccourcie de seuil: <= budget.
# commentaireIgnoré. La dernière ligne sans =, ou la dernière variable définie, est le résultat.

Le site accepte ce qu’on écrit vraiment : les symboles collés aux nombres (900 €, 3 %/an), l’espace insécable et l’espace des milliers, le point-virgule comme séparateur d’arguments à la mode tableur (max(1;2)), et les accents dans les noms. Un nom d’hypothèse, lui, s’écrit d’un seul tenant : prix_du_kilo, pas prix du kilo.

Fonctions disponibles

min max abs racine exp log arrondi plancher plafond mod signeLes habituelles.
si … alors … sinon …Condition. Avec et, ou, non et les comparaisons.
cumul(taux, années)1 + (1+t) + … + (1+t)^(a-1). Pour capitaliser un versement annuel constant.
serie(placement, croissance, années)Un versement qui croît de g chaque année et se place à r. Pour comparer un loyer qui monte à un capital qui rapporte.
unif(a, b)
normale(moyenne, écart-type)
lognormale(médiane, facteur)
triangulaire(min, mode, max)
bernoulli(p) · poisson(λ) · beta(a, b)
Si la fourchette a à b ne suffit pas. bernoulli sert aux événements : panne = bernoulli(8 %).
proba(condition)
esperance(x) · mediane(x) · ecart_type(x)
Résument toute la simulation en un seul nombre.

Comment une fourchette devient une loi

100 à 400 avec deux bornes positives donne une lognormale : la médiane est la moyenne géométrique (200, pas 250), et le résultat ne peut pas devenir négatif. C’est le bon réflexe pour des prix, des durées, des quantités. −2 % à 5 %, dont les bornes changent de signe, donne une normale. 0 à 100 donne une normale repliée sur les positifs : écrire zéro comme borne basse veut dire qu’on exclut le négatif.

Ce que veulent dire les trois chiffres affichés

La part est la fraction de l’incertitude du résultat qu’une hypothèse porte à elle seule. Elle est calculée sur les rangs et non sur les valeurs : sur des grandeurs à queue longue, un indice de variance classique est confisqué par quelques tirages extrêmes. Le seuil de bascule est obtenu en figeant toutes les autres hypothèses à leur médiane et en balayant celle-là — c’est donc un seuil « toutes choses égales par ailleurs », pas une frontière exacte. La valeur de l’information est ce que vous gagneriez, en moyenne et dans l’unité du modèle, à connaître exactement cette hypothèse-là avant de choisir. Quand elle vaut zéro, l’hypothèse peut être très incertaine et rester sans intérêt : elle ne change pas la décision.

« Et si vos fourchettes étaient trop étroites ? »

C’est la question que le site vous retourne en dernier, et c’est la plus importante. Tout le reste suppose que vos fourchettes sont honnêtes — or c’est exactement ce que les humains font le plus mal : quand on demande à quelqu’un un intervalle dans lequel il est sûr à 90 % que la vraie valeur se trouve, elle y tombe en réalité autour d’une fois sur deux. Le résultat est robuste, il s’observe chez les experts comme chez les novices, et sur leur propre domaine. Le site élargit donc toutes vos fourchettes d’un facteur croissant — médiane inchangée, jamais de valeur négative là où vous n’en vouliez pas — et regarde à partir de quand votre conclusion ne tient plus. Un verdict qui survit à des fourchettes trois fois plus larges ne dépend pas de la justesse de vos fourchettes ; un verdict qui tombe à 1,3 n’est pas un verdict. Les lois discrètes (bernoulli, poisson) ne sont pas élargies : une probabilité ne s’étire pas comme une fourchette.

Le contre-argument

Le seuil de bascule déplace une hypothèse. Quand aucune ne renverse le verdict à elle seule, le site cherche le jeu d’hypothèses le plus proche du vôtre qui donnerait la conclusion contraire, et vous le montre chiffré : voilà ce qu’il faudrait croire. La distance est mesurée dans l’unité de vos propres fourchettes — zéro à la médiane, 1,645 au bord. Si aucun scénario plausible ne renverse le verdict, le site le dit : votre désaccord, s’il en reste un, n’est pas dans les chiffres du modèle mais dans ce qui n’y figure pas.

Ce que ce site ne fait pas

Il ne connaît aucune donnée de marché, aucun barème, aucun taux réel : tous les chiffres sont ceux que vous écrivez, et les modèles de départ sont des ordres de grandeur à remplacer par les vôtres. Il suppose vos hypothèses indépendantes, sauf là où vous les liez explicitement par une formule. Il ne remplace pas un conseil professionnel. Et il ne saura jamais ce qui, dans votre décision, ne s’écrit pas en chiffres.